Samedi 9 Novembre, nous nous retrouvons en comité plus que réduit. Cela fait maintenant plus d'un mois que la dernière soirée a été organisée et c'est Manuela qui a eu la bonne idée de recontacter tout le groupe. Nous sommes donc 3 pour cette nouvelle soirée comptant Manuela, Patrick et moi.
L'hiver approchant, nous en profitons pour ouvrir la saison des raclettes. Nous dérogeons à la tradition en finissant le repas sur des mets au chocolat en lieu et place des habituelles meringues à la double crème de Gruyère (les connaisseurs savent de quoi je parle).
Après cette partie gastronomique typiquement suisse, nous décidons de continuer la soirée dans une ambiance plus britannique en attaquant les jeux par un Sherlock Holmes. Autour de la table, nous sommes 3 des 4 enquêteurs qui ont résolu la première enquête; nous nous sentons donc très sûrs de nous et sortons nos calepins et nos stylos pour le fog londonien. Nous commençons l’enquête sur les chapeaux de roues et nous nous lançons dans la recherche de l’assassin d’un ancien soldat des guerres napoléoniennes. Nos investigations nous font rapidement découvrir un deuxième cadavre, ce qui nous complique singulièrement la tâche. Nous parcourons Londres en interrogeant de nombreux belligérants sans arriver à trouver une solution.
Est-ce l’effet d’un repas un peu lourd ou de la fatigue accumulée pendant la semaine ? Quelle qu'en soit la raison, nous n’arrivons pas à dégager de nouvelles pistes et nous nous retrouvons sans nouvelles idées en face du plan de Londres et de l’annuaire. Je propose une solution qui comporte pas mal de lacunes mais qui tient globalement la route. Cependant Patrick n’est pas d’accord et voudrait que nous suivions une nouvelle piste; mais visiblement plus persuasif, j’emporte le morceau et nous nous présentons devant Sherlock Holmes avec finalement assez peu d’éléments en décidant de tenter notre chance.
Dès les premières questions de celui-ci, mes propositions s’écroulent comme un beau château de cartes et nous n’arrivons finalement à répondre qu’à 2 des 8 questions posées par Sherlock. Visiblement le fromage suisse et les biscuits anglais ne font pas bon ménage...
Après cette plongée dans l’Angleterre victorienne, nous nous envolons de l’autre côté de l’Atlantique pour une partie de Acquire, une de mes dernières acquisitions.
Ce jeu est un pur produit Avalon Hill qui a connu de multiples rééditions et qui vous met dans la peau d’un investisseur du secteur hôtelier. Le but du jeu est simple : devenir le plus riche à la fin de la partie. C’est un des jeux les mieux notés dans BoardGameGeek et, malgré son âge, il récolte toujours d’excellentes critiques.
Les joueurs vont, durant la partie, construire des hôtels en créant des nouvelles chaînes d’hôtels ou en étendant des chaînes existantes. Dans le même temps, ils font l’acquisition d’actions de ces différentes chaînes hôtelières. Il est important de comprendre que la construction d’hôtels n’a pas de relation avec l’appartenance de ces hôtels. Ainsi Manuela peut très bien construire et étendre un complexe tout en achetant des actions d’une autre chaîne d’hôtels.
Le prix d’une action est déterminé par la surface d’une chaîne, il est donc intéressant d’acheter les actions d’un hôtel lorsque celui-ci est à taille humaine, les prix devenant ensuite prohibitifs.
Lorsque deux chaînes d’hôtels viennent à se toucher, c’est la « fusion » des deux chaînes. Enfin le terme « fusion » est, comme dans la réalité, un peu galvaudé. En effet c’est le plus grand hôtel (en surface) qui absorbe le plus petit. A ce moment les deux plus importants actionnaires de l’hôtel absorbé touchent une prime importante et l’ensemble des actionnaires (les deux majoritaires compris) ont alors 3 choix pour leurs actions:
- Les vendre au prix du marché (donc suivant la surface de l’hôtel avant la fusion)
- Les garder, mais elles n’auront alors que la valeur du papier jusqu’à ce que cette chaîne d’hôtels soit recréée (si cela arrive)
- Les échanger contre des actions de l’hôtel qui vient d’acquérir le vôtre, mais avec un rapport de 2 pour 1 (2 actions seront échangées contre 1 action - par contre la surface de ce nouveau complexe sera beaucoup plus importante, donc le prix virtuel de cette action est plus élevé).
Chaque joueur commence avec peu d’argent et tout l'art du jeu réside dans la façon de récupérer de l’argent et de le réinvestir rapidement. En effet, la seule manière de récupérer de l’argent est de « subir une fusion ». Il faut donc investir beaucoup au départ mais en faisant attention que vous puissiez récupérer assez rapidement le fruit de votre investissement. En effet, si vous possédez beaucoup d’actions de l’hôtel le plus important, vous serez virtuellement très riche mais vous ne pourrez jamais toucher votre cash tant que votre hôtel ne sera pas absorbé.
C’est donc vraiment une partie qui se déroule en deux temps :
- Investissement au départ pour du court terme, le but étant d’augmenter son cash pour faire de nouveaux investissements
- Puis un investissement sur du long terme pour le décompte de fin de partie où c’est le prix des actions que vous possédez qui sera important, tout en essayant d’être majoritaire dans les chaînes d’hôtels où vous êtes actionnaire.
La partie a été très tendue et c’est finalement votre serviteur (Eric) qui l’emporte devant Patrick et Manuela.
Les principes de la bourse et de la spéculation immobilière sont extrêmement bien rendus dans ce jeu, et ceci avec des règles super simples. Seul regret, malgré les multiples rééditions, le graphisme de ce jeu n’est vraiment pas réussi et on a plutôt l’impression de jouer à un loto qu’à un jeu de spéculation immobilière. Cela peut freiner des joueurs pour une première partie.
N’étant que 3, nous avons eu le temps de bien intégrer les principes du jeu avant de nous battre à coup de fusions-acquisitions et d’achats d’actions. A six joueurs, le nombre maximum prévu pour ce jeu, les parties doivent être hyper agressives et assez chaudes. A essayer en plus grand comité.